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Construction en bois économe en matériaux
La réponse au durcissement de la RE 2020

La réglementation environnementale 2020 ou RE 2020 oblige à agir. Mais, « maximiser l’usage du bois » dans les constructions individuelles est-elle la solution ? Des experts comme Lignotrend, fournisseur de qualité de produits en bois lamellé-croisé pour la construction en bois et l’aménagement intérieur, estiment qu’il y a là un risque de surexploitation des ressources forestières et conseillent donc plutôt de construire en bois en misant sur une utilisation efficace des matériaux. On crée ainsi plus de surface d’éléments avec moins de matière brute, ce qui permet de construire davantage de bâtiments écologiques.
Les seuils de CO2 obligent le secteur de la construction à se remettre en cause
Outre les exigences en matière de performance énergétique et de confort d’été, la RE 2020 contraint le secteur de la construction à s’engager clairement sur la voie de la décarbonation. En quatre étapes, les émissions de CO₂ des matériaux de construction et des chantiers doivent radicalement diminuer d’ici 2031 sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment d’une durée de cinquante ans, la prochaine étape de baisse intervenant dès 2028. Les seuils sont plus ou moins stricts en fonction du type de construction. Dans le neuf, les émissions des maisons individuelles doivent diminuer de 35 % d’ici 2031 pour passer de 640 à 415 kg d’équivalent CO₂/m², et pour les logements collectifs, de 740 à 490 kg/m². Les objectifs les plus draconiens concernent les immeubles de bureaux neufs, avec une baisse de 40 %, de 980 à 600 kg/m², tandis que les établissements d’enseignement doivent passer de 900 à 590 kg d’équivalent CO₂/m².
L’idée fausse : utiliser au maximum le bois serait la panacée
Face à cette pression réglementaire, l’emploi massif du bois devient la solution prétendument universelle au problème de l’empreinte carbone, et ce, à juste titre de prime abord. « Le bois et les produits à base de bois sont fondamentalement positifs du point de vue de la lutte contre le réchauffement climatique, car, en cas d’utilisation comme matériau, le CO2 reste piégé. Dans son emploi à long terme comme matériau de construction, il possède donc en soi un potentiel », affirme Ralf Harder, directeur marketing de Lignotrend. « Mais il ne faut pas en déduire automatiquement qu’il faut construire le plus possible en bois « sans réfléchir ». Cela conduit inévitablement à ce que les ressources ligneuses naturelles ne suffisent plus à terme à couvrir les besoins en matériaux. La conséquence est prévisible : pénurie de matériaux bruts, flambée des prix, chaînes d’approvisionnement polluantes et, en fin de compte, échec des objectifs climatiques de la RE 2020. » Globalement, le fabricant estime qu’il est largement préférable de mobiliser le bois brut disponible, et, donc, le puits de carbone disponible, de manière à éviter des modes de construction climatiquement plus nocives dans le plus grand nombre de constructions possible.
La sobriété en matériaux devient un facteur décisif
Ce n’est donc pas la maximisation de l’usage du bois, mais la systématisation de la sobriété en matériaux qui constitue la meilleure réponse à l’objectif de réduction des seuils de CO₂. « Si l’on fabrique davantage de surface d’éléments de construction en bois à partir du même volume de bois brut, l’effet de protection climatique est nettement plus important. Avec la même quantité de bois, il est alors possible de remplacer encore plus souvent les méthodes de construction fortement consommatrices d’énergie, comme le béton », souligne Ralf Harder.
Précurseur de cette stratégie, Lignotrend met en pratique des approches fondées sur l’utilisation économe des matériaux depuis les années 1990. « Nous nous sommes très tôt posé la question de savoir où des produits en bois entièrement massifs pouvaient être remplacés par des éléments à membrures et en caisson en bois lamellé-croisé, car ceux-ci présentent un avantage crucial », poursuit-il. « Grâce à eux, la réalisation d’un projet de construction demande moins de bois : on peut alors construire plus avec le bois disponible ». Les produits en bois lamellé-collé de Lignotrend montrent à quel point l’économie de matériaux bruts peut être importante. Le principe de la poutre en double T permet de générer jusqu’à 70 % de surface de construction en plus à partir de la même quantité de ressources naturelles précieuses par rapport aux variantes en bois massif contrecollé.
Analyse du cycle de vie et multifonctionnalité : facteurs de réussite de la RE 2020
La RE 2020 mettant l’accent sur le bilan carbone dans toutes les phases du cycle de vie, la fabrication d’éléments de construction en bois est également déterminante et constitue une condition préalable à la construction durable. En l’occurrence, on pourrait supposer de prime abord que les éléments en bois lamellé-croisé « plus complexes », économes en matériaux, obtiennent de moins bons résultats que les éléments en bois « simples », mais ce n’est pas forcément vrai. « La production à faibles émissions de carbone représente ici l’approche clé, qui peut également s’appliquer à la fabrication d’éléments plus complexes », explique Ralf Harder. « Notre production, par exemple, fonctionne entièrement aux énergies renouvelables depuis de nombreuses années. «
Un autre aspect doit être en outre pris en compte pour utiliser le plus efficacement possible les éléments en bois en tant que solution pour la construction écologique et le respect des obligations de durabilité : leur multifonctionnalité. La RE 2020 analyse les constructions en fonction d’usages types les plus divers, des immeubles d’habitation aux établissements d’enseignement. Les exigences en matière de construction et d’éléments de construction sont donc multiples. « Le mot d’ordre de la construction en bois doit donc être d’utiliser le bois en fonction des besoins ». Et Ralf Harder de préciser : « Nous avons constaté qu’une « massivité moyenne » pour nos éléments en bois lamellé-croisé constitue souvent la solution technique optimale, même si une « massivité légère » permettrait de fabriquer encore plus d’éléments avec la même quantité de bois. Nous pouvons ainsi réunir plusieurs fonctions dans un seul composant, ce qui permet à nos clients d’éviter le recours à des matériaux supplémentaires, ainsi que les émissions de CO₂ liées ».
Concrètement, cela signifie que les éléments Ligno apportent une face apparente et rendent les revêtements superflus, qu’ils peuvent intégrer des couches de protection contre l’incendie répondant à toutes les exigences de sécurité, qu’ils comportent des cavités intégrées pour passage de gaines techniques facilitant l’installation, qu’ils autorisent globalement une isolation phonique exceptionnelle et, surtout, qu’ils peuvent intégrer des absorbeurs acoustiques qui améliorent l’acoustique intérieure. Ces règles sont pertinentes pour toutes les catégories de constructions concernées par la RE 2020.
La sobriété en matériaux déterminante pour la durabilité
En résumé, la RE 2020 oblige le secteur de la construction à se réinventer : s’il mise sur la maximisation du bois, il risque fort de se heurter aux limites de la disponibilité de la ressource. L’avenir est à la construction économe en matériaux, une approche que des entreprises comme Lignotrend promeuvent depuis des décennies déjà. Optimiser l’usage du bois peut contribuer significativement à la réalisation de ces ambitieux objectifs climatiques.